Devenir consultant en fin de carrière

Prendre sa retraite… pour mieux continuer de travailler, mais à ses propres conditions. C’est un choix que font plusieurs professionnels arrivés au sommet de leur carrière.

Cette impression est confirmée par les chiffres. En 2018, Statistique Canada estimait que les personnes de plus de 60 ans représentaient au moins 18 % des adultes actifs. Plus récemment, un sondage de la firme de fonds communs de placement Fidelity a révélé que pas moins de 48 % des personnes, parmi celles ayant des revenus élevés, prévoyaient fonder une entreprise, effectuer de la consultation ou travailler à la pige, une fois « à la retraite ».

On a parfois l’impression d’être entourés de personnes à la retraite qui ne sont pas vraiment retraitées, puisqu’elles continuent d’avoir des occupations professionnelles : certaines ont simplement allégé leurs horaires de travail, d’autres siègent à des conseils d’administration, d’autres encore agissent comme consultants.

Pour une variété de raisons

Si vous êtes dans cette situation ou envisagez ce type de scénario pour la prochaine étape de votre carrière, il semble donc que vous vous inscriviez dans une tendance assez forte. Peut-être serez-vous intéressé de savoir que, bien que le besoin de conserver un revenu soit parfois cité, ce ne serait pas la principale raison pour laquelle on envisage désormais la retraite comme une deuxième carrière. Le graphique suivant en donne une idée.

Pour bien réussir la transition

Un grand nombre de conseillers offrent désormais des services de « coachs » pour aider les personnes arrivées à ce stade de leur vie à réussir la transition. Voici les 7 premiers points de repère qui sont généralement proposés.

  • 1. Se préparer à l’avance
    De quoi aurez-vous besoin ? Devrez-vous incorporer votre pratique pour des raisons d’optimisation fiscale, vous enregistrer à la TPS/TVP, verser des acomptes provisionnels ? Aurez-vous une présence web à créer, des achats d’équipements ou encore un réaménagement de votre résidence à prévoir ? Autre considération : si vous êtes en couple, comment vos plans s’arriment-ils avec ceux de votre conjoint ou de votre famille ? 

  •  2. Se donner une chance

        Plusieurs retraités qui deviennent consultants font une pause professionnelle de plusieurs mois avant de lancer leur          
        nouvelle pratique. La majorité choisissent aussi de démarrer graduellement, de façon à apprivoiser leur nouveau métier.

  • 3. Évaluer ses forces
    Occuper un emploi est une chose, convaincre un client de nous confier un mandat spécifique et de nous verser des honoraires peut en être une autre. L’un des premiers défis du nouveau consultant est donc de préciser son « offre de valeur ».

  • 4. Chiffrer sa valeur
    S’agissant de valeur, une des difficultés que rencontrent fréquemment les personnes qui ont reçu un salaire toute leur carrière est de passer, comme consultant, à une rémunération par honoraires. Comment établirez-vous celle-ci ? Certains consultants fonctionnent sur une base horaire, d’autres sur la base des projets auxquels ils contribuent : plus leur rôle est déterminant dans la réussite du projet, plus leurs honoraires sont élevés.

  • 5. Bâtir sur le connu
    Il n’est pas rare que le premier client d’un nouveau consultant soit en fait son ancien employeur. Ce scénario peut faciliter l’apprentissage du métier en associant une certaine dose de « connu » à l’inconnu.

  • 6. Rester branché
    Les consultants avec qui on veut faire affaire sont souvent ceux qui sont au sommet de leur art et ont un vaste réseau de contacts. Pour y arriver, même à la retraite, il peut être utile de continuer à recevoir de la formation et d’être actif sur les réseaux sociaux.

  • 7. Bien planifier l’aspect financier
    Enfin, avoir une pratique comme consultant peut comporter d’importantes implications financières, pour lesquelles il est généralement souhaitable de demander conseil. Par exemple, dès 60 ans, un travailleur peut demander sa rente du régime de pension du Canada ou du régime de rentes du Québec même s’il continue de travailler. Dans ce cas, la personne doit cependant continuer de cotiser, et ces cotisations additionnelles viendront bonifier sa rente à un moment ultérieur. Comment agencer cette source de revenus potentielle avec ceux provenant de la consultation, avec les décaissements de l’épargne personnelle et, le cas échéant, avec la caisse de retraite de l’ancien employeur ? Comment optimiser la facture fiscale ? 

    Autre considération importante : l’imprévisible. On estime par exemple que les ennuis de santé sont l’une des principales raisons qui poussent une personne à arrêter définitivement de travailler. Advenant ce scénario, ce sont à la fois les revenus et le mode de vie procurés par la pratique de consultant qui pourraient être mis en péril.

Pour planifier votre transition en toute connaissance de cause et tenir compte de tous les facteurs financiers, n’hésitez pas à consulter votre représentant en épargne collective ou conseiller en sécurité financière.

Serge Paquette / Sans frais : 1 844. 592.7388

Sources

Cet article provient du site actualis.ca

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

Consultant Journal, « Retire and consult – a consulting business launch guide ».
Fidelity investments, « Retraite 2020 ».
Gouvernement du Canada, « Travailler tout en touchant une pension ».
Harvard Business Review, « How to Become a Coach or Consultant After You Retire ».
Market Watch, « 10 tips for those who want to consult after they retire ».
New York Times, « Why Working Till Whenever Is a Risky Retirement Strategy ».
Retraite Québec, , « Le supplément à la rente de retraite ».
Statistique Canada, « Tableau 14-10-0327-01, Caractéristiques de la population active selon le sexe et le groupe d'âge détaillé, données annuelles ».